Témoignage d’un BA : Jean-Michel YOLIN (X-Mines 65)

Au ministère de la recherche, récemment nommé au début des années 90 par Hubert Curien à la direction de la technologie et de l’innovation, apres une longue expérience de terrain j’ai pu vérifier que contrairement à la pensée ultra-dominante de ce ministère, l’innovation « de rupture » ne venait que très rarement des grands groupes (pour des raisons culturelles de blocages sociologiques) et n’avait qu’une parenté lointaine avec les « applications de la recherche ».
Bien entendu, les Grands Groupes, tout comme les grands organismes de recherche n’étaient pas totalement désinteressés dans ce débat, et ils avaient pour eux des arguments « logiques » qui s’appuyaient sur le « bon sens » pour récupérer tous les crédits : c’est la recherche fondamentale qui produit des concepts nouveaux et ce sont ces concepts qui permettent de produire des innovations … et cela implique d’être gros. C’était un raisonnement a priori imparable, … sauf qu’il ne correspondait nullement à la réalité observée : même dans la pharmacie, des études américaines montraient que rares étaient le nouveaux médicaments issus de la recherches du groupe : les grands laboratoires excellent dans la partie administrative (validation du médicament) et commerciale, qui nécessite effectivement une grosse organisation « prussienne » et des moyens financiers importants, mais non dans la partie « discovery ». Ne parlons pas de l’informatique et des télécoms…
L’exemple américain, grâce à l’éclairage apporté par Robert Chabbal, nous a permis d’y decouvrir l’existence d’une engeance bizarre : les « business-angels » (souvent confondus à lépoque avec les « hells angels) qui apportant leurs capitaux, leur expérience et leurs reseaux jouaient un rôle crucial dans l’emergence et le developpement de nouvelles start-up, bien plus que le « venture capital » qui n’intervenait que plus tardivement dans le processus. Or cette « espèce » était totalement inconnue chez nous.

Le développement explosif des « NTIC » a permis à cette idée de prospérer et a conduit à la création en 2000 de France-Angels, puis en 2004 de XMP-angels devenu depuis « Les Business Angels des Grandes Ecoles ».
Au départ, mes fonctions au Ministère de la recherche, puis au Ministère de l’économie me conduisaient uniquement au rôle d’incitateur à la création de réseaux du business-angels.
Puis j’ai conseillé à des créateurs de start-up que j’accompagnais de s’adresser à XMP. Bien entendu j’ai participé à l’instruction de leurs dossiers … et in fine j’ai été conduit à ajouter le volet « financement » au volet « accompagnement » et voilà comment je suis devenu « à l’insu de mon plein gré » business angel moi même !
Après une quinzaine d’investissements je dois dire que c’est passionnant, plus encore que de simplement accompagner les créateurs, car l’implication de l’actionnaire est autrement plus forte que celui du simple conseiller.

Business-Angel c’est les joies des grands parents : le plaisir de partager le developpement des petits enfants, des enfants, sans les problèmes des biberons la nuit des parents …

Témoignage de jean-michel Yolin (X-Mines 65)