Témoignage d’un BA : Jean-François DESPLAT (ENSTA 1968)

Ingénieur de formation génie maritime j’ai eu la chance d’intervenir dans le secteur très international et haut en couleur du maritime militaire, des armateurs, ainsi que de l’offshore pétrolier. Une première carrière de constructeur naval a obligé à une adaptation constante de nos chantiers devant la pression croissante des chantiers de construction d’Extrême-Orient. Cette possibilité d’adaptation a eu son terme.

La nécessité de créer ex-nihilo une société de service, est devenue incontournable. C’était à nouveau accepter la précarité des succès, l’apprentissage des échecs, dans toute  l’imprévisibilité des demandes. Un quotidien sans état d’âme, dans la nécessité de perdurer, mais finalement extrêmement constructif.

L’expérience de ce cheminement hors des carrières classiques est certainement à l’origine d’une empathie naturelle vers les créateurs, leurs doutes, leurs difficultés. Le mode de fonctionnement ETI, PME est un mode à part que décrit fort peu et fort mal la presse spécialisée.

Quitter une telle implication, pour cause de retraite, incite à  souhaiter communiquer son vécu. Le domaine naval est en soi limité et nombre d’autres domaines répondent beaucoup mieux à la dynamique actuelle de la création.

Les fonds innovation des banques nationales ne m’ayant pas convaincu de leur rentabilité , rejoindre Les Business Angels des Grandes Ecoles était une des solutions les plus évidentes. C’était s’adosser à un réseau de partenaires-adhérents ayant assimilé toutes les facettes de l’entreprise et donc les mieux susceptibles de répondre aux attentes de créateurs.

Il en découle l’ouverture à une large palette d’innovations dans de nombreux domaines  par la présentation d’idées originales quelquefois encore balbutiantes, mais travaillables. Mes premiers investissements datent de 2009 et aujourd’hui mon portefeuille compte un peu plus d’une vingtaine  de start-ups, aucune ne rivalisant avec l’autre.

Le succès n’est pas garanti et les qualités humaines demandées aux porteurs de projets, (résilience, persistance, adaptabilité, serenpidité) sont à fortifier. Aussi l’accompagnement se poursuit après la ou les levée(s) de fonds en comités stratégiques. La tutelle BADGE se poursuit pendant de longues années.

C’est en 2013 que BAdGE m’a invité à faire sa promotion au sein de mon école l’ENSTA Paris Tech. Cette initiative venait en appui aux efforts de l’Unité d’Economie Appliquée (UEA) de cette école pour promouvoir une option création en troisième année. Le démarrage fut lent mais, cinquante élèves ingénieurs ont suivi cette option, pour la promotion sortante de juin 2017. Une journée évènement au sein de l’ENSTA  a mis en valeur des projets dignes d’attention.  Une majorité de ces élèves souhaitent créer leur propre start-up. Dorénavant la sensibilisation à la création commencera dès la première année, et nous y apportons, avec Catherine DELCROIX tout notre concours. ENSTA paris Tech Alumni  m’a récemment accueilli comme administrateur référent création.

Instruire ces idées en participant à leur concrétisation reste un challenge qui pique la curiosité et l’intellect. C’est s’engager en appui d’une démarche positive et ambitieuse.

Avec le recul, le rôle du Business Angels est exigeant, inscrit dans la durée, mais ô combien stimulant, tout au moins dans la conception qu’en développe le réseau des Business Angels des Grandes Ecoles.

Jean-François DESPLAT, ENSTA 1968
Administrateur des Business Angels des Grandes Ecoles